game-of-thrones-saison1« Game of Thrones » est une série incroyable d’intelligence et novatrice.  David Benioff et D.B. Weiss, les scénaristes ont su retranscrire parfaitement le climat pesant de la saga romanesque créée par  George R.R. Martin. D'ailleurs, ce dernier est co-scénariste, ça aide.  La chaîne câblée payante américaine produit un bijou du genre Heroic Fantasy moyenâgeux. En matière de série TV, HBO fait dans le très haut de gamme. J’avais déjà passé des moments mémorables avec la famille d’un chef mafieux dans « Les Sopranos », d’autres heures plus tourmentées avec les psychanalyses de « In treatment », la violence de l'univers carcéral dans "Oz" et le quotidien des dealers de Baltimore avec "The Wire - Sur écoute" (saison 1 commentée dans Le Monde de Kikushiyo). Nous voici maintenant dans l’univers du «Trône de fer », qui n’a de chevaleresque que le nom puisque l’intrigue met à jour les bassesses et trahisons des protagonistes qui veulent s’emparer à tout prix du Trône de fer, symbole du pouvoir absolu.

Tyrion le nain de la famille Lannister en est l’un des héros. Lui qui n’excelle pas dans le maniement des armes mais dont l'« esprit s’aiguise avec les livres comme l’épée sur la pierre ». Le patriarche des Lannister considère son fils comme une erreur, un bâtard.  Tyrion n’est pas l’enfant qu’il préfère, ni celui qu'il aurait voulu avoir et il le lui fait payer. Pourtant, la devise de leur famille est qu’ « un Lannister paie toujours ses dettes. » On verra dans la saison 2 que le "Gnôme" peut devenir un véritable chef de guerre, lever son glaive en direction de l'ennemi et, littéralement porter ses troupes sur le champ de bataille.

Finalement, cette série est très politique au sens ou, dans le panier de crabe tous les coups sont permis et particulièrement à Port Real, la capitale de Westeros, et parfois même, au sein d’une même famille. A qui peut-on faire confiance ? La réponse semble simple : A personne.

Les Lannister feront alliance avec les Barathéon afin d'empêcher la famille Stark d'accéder au pouvoir. Toutefois, les Targaryens, descendants du Roi fou, veulent récupérer le Trône en s’alliant aux barbares Dothrakis. Pour faciliter cette conquête de pouvoir, c'est dans la saison 3 que les dragons de Daenerys Targaryens traverseront l'océan pour affronter les troupes de Westeros. Au pays des Sept royaumes, les dès sont pipés et c’est la stratégie du plus fourbe qui paiera.

Celui que l’on considère intègre un jour,  fomentera un complot dans l’épisode suivant.

La Saison 1 a été un ovni dans le paysage audiovisuel en général et dans les codes de l'Heroic Fantasy en particulier. On a jamais vu cela ailleurs qu'au cinéma. Même avec Le Seigneur des Anneaux, le choc n'est pas comparable. C'est grandiose dans la forme, dans la mise en scène, à commencer par un générique récompensé d'un Emmy Award®.   Tout y est tellement nouveau. La Khaleesi Daenerys Targaryens couve de son regard aimant des œufs de Dragons prêts à éclore.  Un eunuque croise l’intendant d’une maison close et confident du roi dans les plus hautes sphères du royaume. Les messagers sont des corbeaux. Tyrion Lannister, le nain, magistralement interprété par Peter Dinklage (qui, heureusement pour nous, n’endosse pas le costume d’un Ewok de Star war, ni celui d’un Gobelin de Harry Potter), aime autant le vin que les livres, mais surtout les femmes de petite vertu.

Toujours dans la saison 1, on retrouve le très bon acteur britannique Sean Bean (Ned Stark). De son château de Winterfell, Eddart Stark fait régner le nom de son clan jusqu’aux contrées du Nord les plus reculées. C’est au nom du roi Robert Barathéon qu’il rend la justice et coupe la tête d’un déserteur devant son fils Bran, alors âgé de 10 ans. Ensuite, en souvenir de leur amitié, Robert demandera à Eddart (Ned)de le suivre à Port Réal, la capitale du Royaume des sept couronnes et de devenir « la main du Roi » (bras droit du roi qui le seconde, voire le remplace en cas d’absence).  Mais bien mal lui en a pris d'accepter, car en arrivant au Donjon Rouge, il va bien vite se rendre compte qu’il n’y est pas le bienvenu. Ce sera le début d'un drame pour le clan Stark. Peu à peu, les enfants de Ned seront disséminés dans un royaume hostile.

Mais, au Nord, l’Ordre des Gardes de Nuit veille sur le Mur et le protège depuis plus de 6 000 ans. Ce mur s'interpose entre le royaume et les forces occultes. Jon Snow, bâtard de Ned Stark, encore adolescent, fera le vœu à l’Ordre et endossera l’habit noir des Gardes.

Les enjeux de pouvoir aveuglent Westerlos alors que le fléau du Nord se rapproche. Pourtant, les signes sont là, quand on voit des loups géants venir si près de Winterfell et lorsque les patrouilleurs de l’Ordre croisent le chemin des marcheurs blancs, on dit que « L’hiver vient. » (devise de la maison Stark) et cet hiver peut durer très longtemps.

N'attendons pas de codes ou des repères moraux, cette série n'en a pas. C'est aussi ce qui en fait son attrait.

6 avril 2013